
Artiste
Vaping Cowgrl
Vaping Cowgrl, c’est le groupe maison d’Organisation General Records dès qu’il s’agit de hillbilly punk, de country alternative, d’Americana lo-fi et de blue-eyed soul. L’insaisissable formation (aujourd’hui séparée) fait de son mieux pour imiter la manière d’enregistrer du V.U., avec l’intention de pousser les aiguilles le plus loin possible dans le rouge sur chaque VU-mètre. La plupart des chansons ont été répétées sur le moment et enregistrées directement sur bande avant d’être peaufinées dans un logiciel de MAO. Les méthodes d’enregistrement impliquaient pourtant beaucoup de répétitions, pour obtenir ce punch-in qu’on entend sur la plupart des enregistrements de Spector des années 50. Ils brûlaient clairement la chandelle par les deux bouts dans la cabine, et on peut parfois, à travers la rudesse du son, imaginer de la cire de bougie qui goutte directement sur la table de mixage sans que personne ne s’en aperçoive. Pour être dévoués, ils l’étaient, mais ce groupe ne cherche ni à exhiber vainement des reliques du rock’n’roll, ni à évoquer une quelconque nostalgie. Dans toute sa rugosité de banlieue, c’est de la country cosmique avec tout son charme. Vaping Cowgrl enferme dans ses chansons un sentiment d’autant plus convaincant qu’il est authentique, cerné par un sentiment d’absence : l’absence d’un vrai lieu à aimer, d’un endroit d’où l’on vient vraiment. À la dérive le long d’autoroutes de choses américaines « authentiques » en toc, avec l’envie de faire vraiment partie de quelque chose. Un endroit trop loin, trop vaste, qui ne meurt pas derrière l’océan : voilà leur version de l’Americana, si l’on veut. Se languir d’un endroit où l’on n’a jamais mis les pieds en essayant d’en faire son chez-soi, voilà l’énigme de Vaping Cowgrl. Des McDonald’s éclairés par une lune de ciment, des parkings déserts, des voies ferrées abandonnées, un bus de nuit vide qui ne vous mène nulle part : ces images d’impasses urbaines attrapent un rayon de soleil grâce aux mélodies et aux riffs espiègles de Vaping Cowgrl. Dommage qu’ils n’aient jamais joué en live pendant leur courte existence.



